Le Vietnam vient d'entrer dans le top 5 des pays les plus sûrs au monde pour une femme qui voyage seule. Et Hội An est probablement l'endroit le plus doux pour commencer.
Beaucoup de Vietnamiennes ont connu cet instant minuscule : enfin réservé un billet, debout devant la chambre, regardant un espace où ne se trouve qu'une seule brosse à dents — et soudain ne plus très bien savoir quoi faire de soi.
Voyager seule, en réalité, est une compétence. Et comme toute compétence, elle a besoin d'un endroit décent pour s'apprendre.
Bonne nouvelle de 2026 : selon le classement de Time Out repris par plusieurs titres vietnamiens (Tiền Phong, AFamily, Cafebiz), le Vietnam figure parmi les cinq pays les plus sûrs au monde pour les femmes en voyage solo, aux côtés du Costa Rica, de l'Estonie, de l'Uruguay et de la Norvège — seul pays d'Asie du Sud-Est de la liste. VnEconomy rappelle aussi que les femmes représentent désormais 84 % des voyageurs solo dans le monde, et que les recherches Google « voyage solo pour femmes » ont augmenté de 30 % en cinq ans.
Si c'est votre tout premier solo — pourquoi Hội An est-il un point de départ si « doux » ?
Parce que Hội An est une ville à arpenter à pied
L'une des plus grandes peurs des femmes en voyage solo, c'est le déplacement — taxis, Grab, rues vides, fin de soirée. Hội An désamorce une grande partie de cette peur par sa simple taille. La plupart des lieux qui valent le détour tiennent dans un rayon de quelques kilomètres, accessibles à pied ou à vélo. Vous n'avez pas à calculer s'il faut commander une voiture à 21 h. Vous marchez, simplement.
Le quai du fleuve, tôt le matin, est animé de marcheurs et de coureurs. Le soir, il est éclairé d'une lumière jaune douce. Hội An est l'une des rares villes vietnamiennes où une femme peut rentrer à pied, seule, à 22 h, sans avoir à regarder par-dessus son épaule.
Parce que les habitants sont habitués à vous voir seule
Détail rarement remarqué : Hội An accueille les voyageurs depuis si longtemps, et en si grande variété, qu'une Vietnamienne en solo n'y est plus une curiosité. Vous prenez un café seule au comptoir — personne ne vous regarde. Vous demandez une table pour une au restaurant — personne ne vous demande « vous attendez quelqu'un ? » Vous prenez un mì Quảng en bord de rue, la patronne demande seulement « tu manges piquant ? »
Cette banalité, à Hội An, est une forme de liberté.
Parce que « se ressourcer » et « voyager seule » racontent la même histoire
En 2026, les deux grandes tendances du voyage vietnamien — wellness retreat et voyage solo — n'en font plus qu'une. Les femmes ne voyagent pas seules pour fuir, mais pour offrir à leur rythme propre quelques jours d'écoute : se lever quand on veut, manger ce qu'on aime, lire sans être interrompue.
Hội An a l'infrastructure des deux. Un cours de yoga matinal. Un spa aux herbes. Un petit restaurant végétarien. Un magasin de livres d'occasion. Un repas végétarien soigné, un soin ayurvédique de deux heures, un après-midi sans personne pour vous appeler par votre prénom — autant d'« activités » que beaucoup de Vietnamiennes cherchent en silence.
Un programme de trois jours, juste ce qu'il faut
Jour 1 — arriver et ralentir. Atterrissage à Đà Nẵng, transfert vers Hội An. Privilégiez un petit hébergement, en bord de fleuve ou de village, plutôt qu'un grand hôtel du centre. L'après-midi, marche autour de votre quartier, sans précipitation vers la vieille ville. Dîner léger, coucher tôt. Le voyage commence dès que vous cessez d'essayer.
Jour 2 — soigner le corps. Yoga ou marche au bord du fleuve. Petit-déjeuner lent. En milieu de matinée : un soin — bain de tête aux herbes, massage ayurvédique, ou simplement un bain aux décoctions. Déjeuner léger. Sieste. Le soir seulement, vous gagnez la vieille ville, mais après 21 h — quand les groupes sont rentrés, que la lumière des lanternes s'apaise, et que vous pouvez marcher vraiment lentement.
Jour 3 — soigner l'esprit. Matinée à vélo vers Cẩm Thanh ou Trà Quế. Emportez un livre. Déjeuner dans une cuisine familiale. Retour, bagages. Accordez-vous une heure assise, à ne rien faire, avant l'aéroport. C'est la partie la plus importante.
Quelques détails pour la première fois
- Privilégiez un hébergement tenu par une famille. Une petite villa du type Nghê Prana — quelques chambres, des hôtes présents, quelqu'un à qui demander son chemin — est bien plus rassurante qu'un grand hôtel où personne ne se souvient de votre nom.\\n- Communiquez votre programme à un proche. Pas besoin de détails. Juste une personne qui sait où vous êtes.\\n- Réservez une ou deux activités encadrées. Un cours de yoga, un atelier cuisine, un soin spa — ce sont des points d'ancrage pour la journée, et l'occasion de croiser quelqu'un sans devoir entamer la conversation.\\n- Emportez un livre papier. Une seule raison : il vous donne une raison plausible de rester assise n'importe où, aussi longtemps que vous voulez.\\n- Autorisez-vous à ne pas « optimiser » le voyage. Ce n'est pas un examen. Renoncer à un site pour gagner une vraie nuit de sommeil est une décision adulte.
Voyager seule, pour rentrer chez soi
Pour les Vietnamiennes, le voyage solo demande encore du courage. En 2026, ce courage est récompensé par une réalité plus douce qu'on ne l'imagine : le Vietnam est l'un des endroits les plus sûrs où commencer, et Hội An l'un des plus doux.
Un premier voyage en solo n'a pas besoin d'aller loin. Il lui suffit d'être assez différent — assez lent, assez calme, assez à vous — pour que, de retour, vous vous souveniez de qui vous étiez avant tous les rôles que la vie vous a confiés.
Il y a un fleuve, à Hội An, qui coule très lentement. Cette année est peut-être l'année où il faut aller à sa rencontre.